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27 juin 2006 2 27 /06 /juin /2006 12:23

Cette interview vient du site écranlarge.

Avant d’endosser le rôle de Jin dans Lost et de se retrouver propulsé sur le devant de la scène internationale suite au succès fulgurant de la série, Daniel Dae Kim, comédien d’origine coréenne, possédait déjà un impressionnant tableau de chasse puisqu’il était apparu en tant que guest star dans pratiquement toutes les séries emblématiques des années 1990 et 2000 : New York district, NYPD blue, Seinfeld, Le Caméléon, Ally McBeal, The Practice, Angel, Urgences, Les Experts, Enterprise, FBI : Portés disparus, The Shield, 24… (Stop, n’en jetez plus !). Autant dire une bien belle ballade en perspective entre la Corée, les États-Unis et Hawaï pour notre rencontre avec l’acteur lors de sa venue au festival TV de Monte-Carlo en juin dernier…

NB : Les deux dernières questions de cet entretien contiennent des informations relatives à la fin de la deuxième saison de Lost que certains préfèreront peut-être apprendre après avoir découvert les épisodes en question.

Il est intéressant de constater que la plupart des shows auxquels vous avez pris part ont été des succès.
J’ai surtout eu beaucoup de chance. Lorsqu’on vous propose de prendre part à une série, vous ignorez si celle-ci sera réussie ou non. La plupart des shows auxquels j’ai participé ont connu le succès et j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler dessus. Je me considère donc comme quelqu’un d’extrêmement chanceux.

Il n’y a tout de même pas que la chance qui intervienne ?
Je croirais entendre mon meilleur ami qui ne cesse de répéter : « La chance, ça n’existe pas ». En acceptant, vous ignorez si le show prendra la forme que vous espériez au moment de dire « oui ». Quelqu’un a dit : « Prendre part à un film, c’est comme monter à bord d’un navire, vous ignorez non seulement où il va vous emmener mais aussi où se trouve le capitaine ». Il y aura donc toujours cette part de risque lorsque vous acceptez.

Quelle a été votre réaction la première fois où vous avez lu le script de Lost ? Vous attendiez-vous à un tel engouement ?
Une fois encore, on ne peut jamais prédire ces choses là. Il y avait beaucoup de bons éléments dans le script, des éléments qui, selon moi, plairaient et donc attireraient le public, mais rien n’est jamais garanti à 100% et l’univers des séries TV est rempli d’excellents shows qui furent annulés. Je suis d’autant plus content que Lost a été particulièrement bien accueilli en Corée. Il est assez rare qu’une série TV soit appréciée non seulement dans son pays d’origine mais également à l’étranger.

Pensez-vous que le succès d’un reality-show tel que Survivor (l’équivalent américain de notre Koh-Lanta, NDR) puisse expliquer en partie cet engouement ?
N’ayant jamais vu Survivor, je ne saurais l’affirmer mais il parait qu’effectivement Lost comporte certains éléments de ce show. Donc oui, quelque part, une partie du succès de Lost peut s’expliquer ainsi.

Est-ce le premier personnage coréen que vous incarnez ?
Non mais c’est la première fois que j’interprète un personnage qui parle coréen.

Était-ce une difficulté supplémentaire pour vous ? Est-ce que votre partenaire à l’écran, Kim Yoon-jin (qui interprète Sun), vous a aidé ?
Oui, elle maîtrise parfaitement la langue tandis que mon coréen était rouillé car je l’ai très peu pratiqué depuis mon enfance. Elle a été très gentille et m’a aidé pour les rudiments, la prononciation…

N’est-ce pas un peu frustrant de camper un personnage qui ne soit pas en mesure de communiquer avec les autres rescapés ?
Parfois, je me passerais effectivement bien volontiers du surplus de travail : lire mon texte en anglais puis apprendre sa traduction en coréen, essayer d’oublier ce que les autres acteurs disent au moment du tournage… Mais d’un autre côté, c’est un joli challenge pour un comédien car je dois focaliser mon attention sur les autres moyens de communication, corporels entre autres, qui s’offrent à mon personnage.

Comment a réagi la communauté coréenne en découvrant votre personnage ?
Au départ, ils n’étaient pas très contents par cette image du mâle coréen dominant mais à présent que le personnage a gagné en épaisseur, ils sont très fiers qu’il soit présent dans un show à la renommée internationale.

Vous sentez-vous une âme de modèle à leur égard ?
Je suis très touché lorsque des coréens viennent me féliciter pour mon travail sur la série mais d’un autre côté, je ne veux pas que ce personnage devienne un fardeau pour moi car je souhaite pouvoir continuer à mener ma carrière comme je l’entends.

Où êtes-vous né en Corée ?
À Pusan qui est la deuxième ville la plus importante de Corée du Sud.

Jusqu’à quel âge y avez-vous vécu ?
J’ai déménagé pour les États-Unis lorsque j’avais un an et demi.

Y retournez-vous de temps en temps ?
J’y retourne à l’occasion car tous les membres de ma famille y habitent encore à l’exception de ma famille la plus proche (Daniel Dae Kim est marié et père de deux enfants, NDR). J’ai donc conservé des liens très forts avec la Corée.

Comment vivez-vous cette brusque envolée de célébrité, le fait que vous ayez obtenu une distinction comme étant l’un des acteurs les plus sexy à la télévision (par le magazine américain TV Guide, NDR) ?
Le terme « sexy » est à relativiser car pour se vendre, les magazines doivent trouver de nouvelles têtes chaque année. Je suis très flatté bien entendu, surtout en tant que personne de « couleur », mais ce n’est pas ce qui motive mon travail et je ne me relève pas la nuit en me disant : « Si seulement je pouvais être nommé… » (rires).

Mais n’avez-vous pas le sentiment que vos moindres faits et gestes sont épiés en permanence en public ?
Tout comédien travaillant sur une série TV aussi populaire a sans doute ce sentiment de vivre dans un bocal, d’être jugé en permanence. Il faut savoir faire avec. Il y a des moments où j’aime profiter de mon intimité, surtout lorsque je suis en famille mais disons que ce revers de la médaille rentre dans la même catégorie que les impôts sur nos salaires (rires, Daniel Dae Kim fait ici sans doute allusion à l’augmentation de salaire qu’ont obtenu tous les comédiens de la série en début d’année, cf. news, NDR).

Pour revenir à cette distinction d’acteur le sexy…
Vous voulez des précisions sur ma vie sexuelle (rires) ?

Quelqu’un a fait remarquer que la plupart des personnages masculins asiatiques sont présentés de manière asexuée, ce qui n’est pas votre cas dans la série.
Celui qui a dit cela est très intelligent.

C’était probablement vous.
Oh (rires). Dans tous les cas, je suis tout à fait d’accord. La majorité des personnages asiatiques de séries ou de films sont restreints à des experts en arts martiaux qui ne parlent jamais la langue locale et qui servent finalement de tête de turc du début à la fin. Les femmes asiatiques sont souvent considérées comme très sexy même si elles doivent elles aussi faire face à différents stéréotypes mais le fait qu’un homme asiatique obtienne une telle distinction est assurément, quelque part, un grand pas en avant.

Comment s’organise votre calendrier de tournage à Hawaï ?
Nous tournons 10 mois par an. Les plannings quotidiens et hebdomadaires sont assez chargés mais la bonne nouvelle, c’est que nous ne travaillons toute la journée que dans le cas où nous tournons un épisode plus particulièrement centré sur notre personnage et ses flash-backs. Dans le cas contraire, on peut disposer de quelques jours de repos. Les plannings sont donc très malléables.

Vous avez tous emménagés à Hawaï ?
Oui. À une exception près, nous habitons tous de façon permanente à Hawaï désormais.

Y a-t-il des inconvénients à vivre et tourner à Hawaï ? Il s’agit tout de même d’un lieu géographiquement isolé.
C’est justement l’un des très bons côtés car on n’y retrouve pas ce « star system ». La série a fait beaucoup de bien à l’économie locale, notamment en terme de tourisme car beaucoup de gens se rendent désormais sur place dans l’espoir de nous rencontrer, mais il n’y a pas pour autant d’intrusion dans notre vie privée de la part des habitants. C’est donc très agréable de vivre et de travailler là-bas.

Comment occupez-vous vos journées ?
Je fais de la plongée et j’ai commencé à apprendre à surfer. En fait, je suis dans l’eau pratiquement tous les jours, aussi bien par plaisir que pour la série.

Justement, ce rôle est-il physiquement exigeant ?
J’ai déjà tenu des rôles plus exigeants à ce niveau mais le plus physique dans Lost, c’est de devoir évoluer au contact permanent de la nature : courir, nager… De plus, nous effectuons nous-même une bonne partie de nos cascades donc, de ce point de vue, c’est assez physique oui.

Ne craignez-vous pas que votre personnage meure à un moment ou un autre ?
À certains moments oui, surtout dans la première saison où personne n’aimait mon personnage. Je me suis dit que je n’allais pas faire long feu dans cette série (rires). Les personnages vont et viennent, ça fait parti du jeu dans Lost. C’est comme dans la vie en fait où nous mourons tous un jour. C’est la façon dont nous vivons qui compte.

À quel moment au cours de cette première saison avez-vous su que le show allait continuer ?
Très tôt en fait. Dès que les audiences des premiers épisodes sont tombées, nous étions assez confiants dans l’idée que la série serait renouvelée pour une deuxième saison.

Et combien de temps la série peut-elle encore durer selon vous ?
C’est une excellente question mais je n’en ai pas la moindre idée. À certains moments, je me dis qu’il faudrait s’arrêter après trois ans et à d’autres que la série pourrait continuer indéfiniment. La réponse la plus triviale que je puisse vous en donner est que le show durera aussi longtemps que le public suivra. Dès que l’audience ne sera plus au rendez-vous, nous serons très vite au courant.

Attention début des petits spoilers sur la deuxième saison : À la fin de la deuxième saison, Sun est enceinte ? Savez-vous comment va évoluer votre couple ?
C’est une excellente question. Je suis impatient de savoir si elle est vraiment enceinte, si je suis le père, si je suis vraiment capable de concevoir, si cet enfant verra le jour ou non…

Et vous avez déjà certaines des réponses ?
(Sourire complice) Peut-être que oui, peut-être que non…


Propos recueillis au cours du 46ème festival de télévision de Monte-Carlo en juin 2006.

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Published by Nicolas - dans NEWS
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